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Argumentaire : La réforme des universités

11-07-2007

Une réforme de l’enseignement supérieur est nécessaire : il faut développer l’enseignement supérieur . C’est un choix décisif pour notre avenir. Toutes les données convergent pour attester que les grands rapports de force sociaux économiques vont se jouer sur cette question.

D’une manière générale, la réforme présentée par le gouvernement, au-delà des reculs et hésitations, porte largement sur la gouvernance. Elle n’est donc pas à la hauteur des enjeux.

Le premier impératif vise en effet les moyens . Ils ne sont pas au rendez-vous, puisqu’aucun collectif budgétaire n’est même envisagé, alors que des réductions massives d’impôts à destination des plus favorisés, se multiplient.

C’est la raison pour laquelle nous préconisons plus que jamais une augmentation de 10 % par an , et pendant 5 ans du budget de l’enseignement supérieur. Il n’y aura pas de réforme positive, sans moyens supplémentaires ; à l’inverse, les moyens supplémentaires trouvent leur sens à travers une réforme approfondie et concrète.

L’objectif à poursuivre concerne la réforme du premier cycle universitaire ; le taux d’échec en premier cycle dépasse la barre des 50 %.

Or, la France manque d’étudiants . Nous proposons un renforcement de l’encadrement pédagogique en 1 ère année, un suivi pédagogique, et la mise en place d’un conseil en orientation individualisé. Nous préconisons, également, une amélioration rapide des conditions de vie étudiante, en matière de logement et de santé, afin de faire reculer toutes les précarités. La revendication légitime de l’Allocation d’autonomie doit être traitée sérieusement avec toutes les organisations de jeunesse.

Nous souhaitons, par ailleurs, un rapprochement entre les organismes publics de recherche et l’université , perspective totalement absente du projet gouvernemental. Il faut des synergies et des complémentarités entre ces deux mondes qui restent trop cloisonnés. Dans cette logique, il convient de soutenir les revendications des jeunes chercheurs, pour une meilleure reconnaissance, un statut, une place véritable dans les conventions collectives.

Enfin, nous approuvons la nécessité d’une nouvelle gouvernance des universités, dès lors qu’elle respecte plusieurs principes :

• une contractualisation associant les établissements, l’Etat et les collectivités territoriales, sur des objectifs clairement assumés ;

• une démocratisation , favorisant une plus grande représentation étudiante, mais aussi un recul sensible de la sélection, et notamment de la sélection sociale par l’échec ;

• l’affirmation du caractère national des diplômes et le rejet de toute disparité de moyens entre les universités.

Nous ne pouvons nous satisfaire de la situation de l’université française. Les objectifs fixés par le gouvernement Fillon ne correspondent pas au défi qui est devant nous ; la méthode pas davantage. L’impératif de la démocratisation réelle de l’enseignement supérieur rejoint l’exigence de la compétition économique. La droite ne l’a toujours pas compris.

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